Face à la détérioration criante de la situation sécuritaire marquée par une série d’assassinats, les forces vives et les défenseurs des droits humains de la chefferie des Babila Babombi, dans le territoire de Mambasa, tapent du poing sur la table. Réunis en assemblée extraordinaire ce jeudi 30 juillet à Biakato, ils ont arrêté un ensemble de mesures drastiques pour interpeller les autorités.
Au terme de cette rencontre ayant réuni l’ensemble de la société civile (FEC, COPEMECO, FENAPEC, transporteurs et la coordination de la société civile), la décision est tombée : l’instauration de deux journées « ville morte » le lundi 3 et mardi 4 août, suivies d’une grève fiscale générale sur toute l’étendue de la chefferie à compter du lundi 4 août.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase repose sur les incursions sanglantes et répétées d’éléments armés dont les ADF dans la région. Intervenant au nom du collectif, Monsieur Muhindo Mamboro Peresi, Coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) en chefferie des Babila Babombi, a peint un tableau sombre de la situation.
«Depuis le 27 juillet, l’ennemi se promène de village en village. Il a assassiné des civils à Makiki, Nziapanda-Bela, lukaya et jusqu’à Maimbo-Pangu. Aujourd’hui, sa présence est signalée à Mabakuli ainsi que dans les agglomérations environnantes de Biakato et Makumu. La population ne sait plus à quel sein se vouer. » a-t-il dit.
Face à ce qu’elle qualifie d’abandon, la population entend utiliser les moyens civiques à sa disposition pour contraindre les autorités congolaises à agir. Ces deux journées de paralysie des activités économiques et sociales visent d’une part à honorer la mémoire des compatriotes lâchément assassinés, et d’autre part à constituer un moyen de pression pour exiger le rétablissement immédiat de la paix et de la sécurité, perçues comme un droit fondamental.
Concernant l’incivisme fiscal, le message des leaders communautaires est sans équivoque : les taxes ne seront de nouveau perçues que lorsque le gouvernement aura garanti la protection des citoyens et de leurs biens.
La société civile appelle l’ensemble des habitants, des commerçants et des acteurs économiques de la chefferie des Babila Babombi à observer scrupuleusement ces consignes et à rester soudés derrière cet élan de protestation.
Les organisateurs précisent que l’ensemble de ces mesures fera l’objet d’une évaluation rigoureuse avant toute levée du mot d’ordre.
Rédaction