Se faisant passer pour un militant de la « LUCHA », pourtant un opposant membre du parti politique Ensemble pour la République, Clovis Mutsuva est en train de soulever la population contre l’armée congolaise allant jusqu’à demander le départ de certains commandants dont le commandant secteur opérationnel Sokola 1.
Dans ses différentes manifestations récemment organisées, il ne fait que parler du « non au changement de constitution » oubliant même l’objectif sécuritaire pour lequel ils descendent dans la rue.
C’est quoi son vrai travail ?
Certains observateurs lui reprochent de jouer un double jeu : se présenter comme militant LUCHA tout en étant proche du parti Ensemble pour la République. Ils estiment que son discours dépasse la revendication sécuritaire mais il vise plus la politique ou l’électorat.
Dans ses prises de parole, Mutsuva a publiquement demandé le départ de plusieurs responsables militaires, dont le commandant du secteur opérationnel Sokola 1. Une demande qui interroge : « demander le départ d’un commandant secteur pour que qui gère ? ».
Des critiques pointent un glissement. Lors des manifestations, au-delà de l’insécurité et des ADF, il aborderait aussi le « non au changement de constitution ». Ce mélange des genres alimente les interrogations sur l’objectif réel des mobilisations. Ses détracteurs l’accusent de semer la défiance entre la population et les FARDC. En zone de guerre, un tel discours peut fragiliser la collaboration civilo-militaire, pilier de la lutte contre les groupes armés.
Des sources concordantes affirmeraient même que le nommé « Mutsuva » aurait reçu des sommes auprès de Moïse Katumbi et proches pour tenter de créer une déstabilisation dans le Grand Nord-Kivu, avec ses appels à la méfiance, qui ont déjà influencé la population contre les militaires FARDC, acte pouvant malheureusement occasionner « une tentative de rébellion dans le chef de la population».
Accusation grave après l’attaque de Mbau et consorts ?
Dans d’autres vidéos devenues virales sur TikTok, des manifestants proches de Clovis Mutsuva vont loin jusqu’à accuser l’armée d’être « présumée auteure » des récents massacres perpétrés à Mbau pourtant tout le monde le sait ce sont des ADF vu leur mode opératoire. Cette accusation ou affirmation gravissime constitue, sous le régime de l’état de siège, une propagation de faux bruits tendant à ternir l’image des militaires FARDC engagés dans le secteur opérationnel Sokola 1.
Cette vidéo attribuée à la structure Veranda Mutshanga, toujours proche à Mutsuva, a petitement entraîné un blocage de la relation civilo-miltaire car après sa publication, certains habitants n’arrivent presque plus à cautionner la présence des militaires pourtant suite aux faits « prétendus politiques ou électoraux » que se tracent Clovis Mutsuva et ses collaborateurs au sein des structures de pression dans la ville de Beni, Butembo et environs.
Beni est sous état de siège depuis 2021. La population vit entre attaques ADF et opérations militaires. Dans ce climat, toute critique du commandement est perçue soit comme un droit de contestation, soit comme un facteur de déstabilisation visant à démoraliser les troupes engagées dans la traque des ADF.
Liberté d’expression oui mais pas insulter l’armée !
Clovis Mutsuva, malgré ses casquettes politiques, a même affirmé que le commandant secteur opérationnel Sokola 1 grand Nord-Kivu boufferait l’argent de ses éléments avant d’appeler ces derniers à retourner leurs armes à l’état major de ce secteur. D’après des sources militaires, « inviter un soldat à retourner son arme » constituerait une infraction « d’incitation à la rébellion » surtout avec la situation actuelle que traverse l’Est de la République Démocratique du Congo.
« Cela dénote du soulèvement des militaires contre leur chef hiérarchique », a fait savoir notre source.
La constitution garantit la liberté d’expression. Mais l’état de siège encadre strictement les discours jugés « d’atteinte au moral des troupes ». La frontière entre dénonciation légitime et incitation est donc ténue. Après la « ville morte » du 14 mai 2026, plusieurs jeunes ont été arrêtés pour « trouble à l’ordre public ». La police et l’armée déploient un dispositif important à chaque mobilisation. Signe d’une tension croissante.
Rédaction