Une grave crise d’approvisionnement en eau potable touche l’ensemble du centre commercial de Komanda, dans le territoire d’Irumu.
À Komanda-centre, trouver de l’eau potable est devenu le combat quotidien de milliers d’habitants.
Entre bornes-fontaines désespérément sèches et forages en panne ou au débit très insuffisant, les ménages ne savent plus à quel saint se vouer.
« Nous souffrons énormément du manque d’eau ici à Zunguluka. L’eau ne coule plus aux bornes », déplore une mère de famille. « Il nous arrive de passer toute une semaine entière sans voir une seule goutte d’eau potable », déplore une autre.
Pour s’approvisionner, les habitants n’ont d’autre choix que d’effectuer de longs déplacements épuisants vers des sources éloignées en brousse ou de se rabattre sur des puits de fortune. Et même lorsque quelques robinets ou forages fonctionnent encore, le répit est éphémère.
« À peine deux ou trois bidons remplis, et le fil d’eau s’interrompt », regrette une autre riveraine.
Interrogé sur les raisons de cette pénurie, Monsieur Ise Mulindwa, vice-coordonnateur de l’ACOGEPE (Association des Comités de Gestion des Points d’Eau), explique qu’il s’agit d’une situation inhabituelle depuis la création du réseau en 2015.
« C’est la toute première fois depuis 2015 que nous connaissons une telle panne. Après nos investigations, nous avons constaté que certains captages situés sur la colline de Kpalamuta, à environ 5 km du centre, ne donnent plus d’eau suffisante. »
Si des facteurs climatiques sont parfois évoqués, l’ACOGEPE rappelle que l’approvisionnement provient principalement de roches souterraines et de sources aménagées. Pour résoudre le problème, des techniciens doivent être déployés rapidement afin de vérifier l’état des captages, réparer les pannes et rendre opérationnels de nouveaux forages dans les quartiers les plus touchés.
L’agglomération de Komanda connaît une augmentation constante de sa population. Ce centre carrefour, qui accueille de nombreux déplacés venus de divers horizons et sert de point de passage vers Bunia, Nord-Kivu, Tshopo ou Haut-Uélé, voit ses besoins en ressources vitales exploser.
Cette dynamique démographique est pointée comme une situation qui aggrave la crise d’approvisionnement en eau potable.
La société civile indique que les habitants sont contraints de parcourir plus de 5 à 6 kilomètres à la recherche d’une eau propre à la consommation.Bien que plusieurs forages et bornes-fontaines aient été installés dans la zone, ces équipements demeurent insuffisants face à l’ampleur de la demande.
« Dans la chefferie des Basili, nous avons un besoin immense en eau potable. Bien que nous ayons des forages, ceux-ci ne suffisent pas aux besoins directs de la population », explique Dieudonné Tandishabo, responsable des forces vives à Basili.
Face à cette situation critique, la société civile lance un plaidoyer auprès des organisations partenaires, des personnes de bonne volonté et du gouvernement. L’objectif est d’obtenir un soutien technique et financier pour réparer les infrastructures existantes et aménager de nouveaux points d’eau adaptés aux capacités des intervenants.
Moïse Ulang’u