Alors que la sphère politique nationale est captivée par les débats autour de la révision ou de le changement de la Constitution, la jeunesse estudiantine de la province de l’Ituri se sent abandonnée à son triste sort. Dans un message percutant, le président de la section locale de la Représentation des Étudiants du Congo (REC) interpelle vigoureusement les autorités face à l’urgence sanitaire imposée par l’épidémie d’Ebola.
Le contraste est saisissant et la colère à peine contenue. À travers une déclaration écrite parvenue à notre rédaction, les leaders étudiants de l’Ituri expriment leur profonde détresse face à une crise humanitaire qui passe, selon eux, au second plan des priorités de Kinshasa.
« L’heure n’est plus aux débats textuels », a dit Benjamin Odiane, président.
La REC-Ituri pointe du doigt un décalage flagrant entre les préoccupations de la classe politique et la dure réalité du terrain : « Pendant que vous appelez les étudiants à l’évaluation de la Constitution, en Ituri, la jeunesse estudiantine perd les siens ».
Pour cette structure citoyenne, les discussions institutionnelles actuelles apparaissent futiles face aux vies humaines qui s’éteignent quotidiennement. S’adressant directement aux décideurs, le président provincial de la REC lance un appel pressant : « Chères autorités politiques, l’heure n’est plus aux débats textuels, mais à l’action vitale : veillez urgemment à la sécurité sanitaire des étudiants contre cette épidémie d’Ebola. Protégez nos universités ! »
Les milieux universitaires et académiques de la province, qui brassent des milliers de jeunes chaque jour, sont perçus comme des foyers de propagation à haut risque si des mesures de protection et d’assainissement d’envergure ne sont pas déployées immédiatement.
Consciente des lenteurs administratives ou du manque d’action immédiate des pouvoirs publics, la Représentation des Étudiants du Congo se tourne également vers sa propre base. Dans un élan de responsabilisation, le message exhorte la communauté estudiantine à ne pas baisser la garde.
«chers camarades étudiants et jeunes de l’Ituri, notre survie dépend aussi de nous », martèle le leader de la REC.
L’organisation invite chaque jeune à devenir un acteur central de sa propre protection en restant vigilant et en se montrant « intransigeant dans le respect strict des mesures » sanitaires et d’hygiène édictées par les autorités médicales.
Alors que la province de l’Ituri traverse déjà des crises sécuritaires chroniques, la résurgence ou la persistance de l’épidémie d’Ebola au sein de sa jeunesse constitue une menace existentielle supplémentaire.
Rédaction