Le monde congolais est dans le chagrin depuis la soirée du vendredi 24 janvier 2025 à la suite de la confirmation du décès du gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu,le général Peter Chirimwami.
Selon le porte parole de l’armée, le général Sylvain Ekenge, qui s’est exprimé à l’issue d’une réunion de crise tenue le même vendredi par le Président Félix Tshisekedi, »l’autorité provinciale a été blessée au front, l’amenant à Kinshasa, on faisait une intervention pour qu’il soit acheminé même à l’extérieur, mais malheureusement il a succombé de ses blessures ».
«[•••] Les honneurs lui seront rendus lors des obsèques qui seront organisés ici à Kinshasa [•••]», a dit le général Sylvain Ekenge.
Sur place au Nord-Kivu, plusieurs fronts ont été ouverts depuis deux jours notamment vers Sake et autres, aux environs de Goma. Les Forces Armées de la RDC et leurs réservistes Wazalendo sur le terrain, sont appelés venger la mort du Général major Peter Cirimwami par des opérations pouvant permettre « à repousser ces agresseurs et récupérer toutes les localités qu’ils occupent aujourd’hui, c’est un devoir, c’est une obligation et elle est patriotique», a conclu le général Sylvain Ekenge.
Pendant ce temps, plusieurs habitants des environs de Goma ont fui pour le centre ville. La population de la ville touristique court le risque d’une famine sans désemparée suite à l’exode rural des paysans. Un habitant dans la zone, indique que même l’eau est devenue difficile à trouver suite à la coupure du courant.
Rappelons que le général Peter Cirimwami était arrivé à titre intérimaire, lorsque le lieutenant-général, Constant Ndima, a été rappelé à Kinshasa par sa hiérarchie, après des violences dans une manifestation d’une secte dénommée « Wazalendo » pour exiger le départ de la Monusco et de la force régionale de l’EAC.
Le général major Peter Cirimwami, originaire de la province du Sud-Kivu, a été nommé gouverneur et commandant des opérations militaires au Nord-Kivu, alors qu’il occupait le commandement de la 32ᵉ région militaire qui comprend les provinces d’Ituri et du Haut-Uele, dont le QG se trouve à Bunia (capitale de la province d’Ituri).Ici, il a été dans le sciage opérationnel à l’appui au gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant général Luboya Nkashama Johnny. Il l’a appuyé notamment dans l’accomplissement de la mission de restaurer l’autorité de l’État dans l’approche non militaire. Ils ont ensemble opté pour le dialogue avec les groupes armés ayant abouti au désarmement de plusieurs et instauré un climat de paix entre les belligérants. Il s’agit d’une approche réussi à côté de l’approche militaire, car plusieurs villages et localités des territoires de Djugu et Irumu sont en voie de pacification.
Peu avant, il a été commandant des opérations Sukola 2 au Nord-Kivu, où il était engagé dans la guerre contre les rebelles du M23, qui occupent encore plusieurs villages et localités des territoires de Rutshuru, Masisi, Nyiragongo…
Il a également été commandant adjoint puis commandant des opérations Sukola 1, comprenant les territoires de Beni, Lubero et les villes de Beni et de Butembo. Ici, il a été engagé dans les opérations contre les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) qui sont accusées d’être responsables des massacres des populations civiles depuis bientôt une décennie. Dans ces opérations, c’est de son commandement qu’on retient la chute de Médina considéré comme QG hispanique des ADF, la réouverture de la route Mbau-Kamango fermée pendant environ 4 ans par les ADF, la reconquête de plusieurs bastions stratégiques des ADF comme : Kididiwe et La Haye dans le Mayangose, Loselose et plusieurs autres campements importants dans la vallée de la rivière Semuliki, dans les groupements Banande-Kainama et Bambuba-Kisiki.
Peu avant, le nouveau gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général major Peter Cirimwami est diplômé des stratégies et de défense au collège de hautes études des stratégies et défense (Chesd). Alors qu’il était encore colonel, il a évolué dans les renseignements aux côtés de feu lieutenant-général Jean-Lucien Bahuma, lors des opérations « Pomme-Orange » contre les M23 entre 2012 et 2013, puis contre les ADF à Beni.
Rédaction